Mon onc' des Amériques

Aloha jacta est

On a toujours pensé que « radiation » flirtait irrémédiablement avec « nucléaire », « fission », « centrale », « Roscoff », « Tchernobyl », « Mururoa », « atome » et Caligula… Pourquoi diable mêler ce doux et latin patriarche avec ces termes technico-médicaux, lui qui n’était que lait et amandes douces ? Parce que personne ne me fera changer d’avis sur le fait que ce sont les romains qui ont inventé la bombe atomique et qu’ils s’en sont bel et bien servis comme de gros veules lors de l’incendie de Rome en 64… De Caligula à Néron, il n’y a qu’un pas, mais ça, les lecteurs omniscients le savent déjà !

Bon, revenons en à nos plutons… Même si les radiations ou autres « activités radio » ont toujours revêtu un caractère exotique (entre Roscoff et la Polynésie, je vous vois vous gausser sur le terme exotique mais n’oubliez pas le choc culturel que peut subir un Samoa en découvrant une bigouden sur fond de lande, le soir, par temps de brouillard !), il vous appartient, lecteurs avertis, de bien repenser le problème géographiquement et c’est pour cela que nous allons vous aiguiller sur le transport de la molécule. Comment ? C’est pourtant simple ! Vous vous souvenez tous de vos cours de mécanique quantique, de la thermodynamique et des bases de l’électromagnétisme ? Et bien désormais, il vous appartient de tout oublier de ces données ô combien erronées pour rentrer de plein pied dans une physique congruente et nullement sectaire : celle du bon goût et de la pertinence, une science qui vous permettra d’en remontrer à plus d’un et de vous asseoir, pour plus d’un demi siècle, sur la première marche de la perfection divine et de la béatitude onirique !

Faisons fi de toute doctrine lapidaire et onéreuse pour ne plus faire confiance qu’en votre culture immense et, donc, de boire ce qui va vous être conté jusqu’à l’ivresse encyclopédique…

 Du Blues et des bambous 

A l’origine, la musique et la danse Hawaïenne avaient une vocation religieuse…Les instruments utilisés alors étaient l’ « Ohe hano ihu », la flûte à nez, très utile pour pouvoir chanter « Hula Hula » tout en s’accompagnant de mélodies nasales… Les « Pu » sont des conques et étaient utilisés comme des trompettes. Ces grands coquillages évidés résonnaient alors pour annoncer un début de festivité…On retrouve ainsi l’explication de la défection de Jean Claude Borelly en 778, à Roncevaux, au moment de souffler dans son cuivre : « j’en peux Pu… » aurait alors déclaré le musicien, vite remplacé par Roland avec son cor… mais c’ était trop tard, il avait sauté la mesure.

Et puisque les indigènes aiment les percussions, ils en ont construit plein : des Uliuli, des Pahu hula, des Puniu, des Ipu heke, des Kala’ au… Bref, tout ce qu’il faut pour faire la fortune de « Natures et découvertes ».

La guitare à boyau fût le 1er instrument apporté par les étrangers, les californiens, et immédiatement adopté par les Hawaïens. Ils en détendirent les cordes au maximum afin d’obtenir une sonorité plus longue et vibrante… L’arrivée de la corde métallique permit d’accentuer encore plus cette vibration si spécifique et curieusement synonyme, sous nos tropiques, de langueur et de cocotiers. Cette façon de jouer que les hawaiiens appelèrent « ki ho’alu » (note langoureuse) marque encore aujourd’hui le style typiquement hawaiien.

Le Ukulele fait son apparition en 1878 avec les portugais… cette petite guitare appelée en réalité « braquino » est rebaptisée Ukulele, puce sauteuse en Hawaïen.

Même Elvis est séduit par l’instrument qu’il utilise dans « Blue Hawaï » : « Puisque c’est comme ça, je vais lui rendre hommage en ne mangeant plus que des Sandwiches (ancien nom des îles) à la noix de coco ! » 

Mais dans les années 60, la noix de coco est un mets âpre à dénicher à Memphis…Le King jette donc son dévolu sur la cacahuète, et plus particulièrement sur son beurre inventé par Albert Peanuts : «Peanuts are to Memphis what coconuts are to kids créoles » (la cacahuète est à Memphis ce que les noix de coco sont aux jeunes créoles)

Un hommage que le rocker entretiendra jusqu’à la mort !

 Le lien était donc établi entre le rock et la « musique des îles »… Quelle alchimie pouvait alors provoquer ce « farniente » musical, ce iodle lancinant, ce chant primal et dégoulinant de beurre de karité ?

Le Blues, me direz vous, apportant toute la torpeur du delta sous son bras, son déhanchement lancinant et ses racines au goût terreux…

Oui, mais non !

Autant l’américain a perverti l’indien avec l’eau de feu, autant il a gâté la nature généreuse des hawaïens avec des radiations peu joyeuses. L’homme des îles était de nature ouvrière, enclin aux tâches ardues et aux défis colossaux (l’île de Pâques en est le parfait exemple)… Les nombreux essais nucléaires effectués dans le Pacifique ont transformés le patrimoine génétique de l’homme sandwich, enracinant une forme de paresse là où il n’y avait naguère que volonté et stakhanovisme.  

Ne soyez donc jamais surpris, auditeur mélomane et aventureux, lorsque résonne ces accords langoureux, le soir, au fond des lagons… Si les effets « soufflants » de la bombe n’ont pas travesti en monstre hybride ces indigènes dociles, elles leur a donné toutefois un nombre incalculable de doigts et une jambe plus longue que l’autre : comme tout le monde le sait, l’inclinaison permanente draine tout le liquide céphalique du côté où la jambe est la plus courte, amenant alors un pessimisme forcené… Ceci mêlé à la profusion de doigts apportant dextérité guitaristique, et voilà, le blues des îles est né !

Chers amis, voyez ainsi l’impact de la haute technologie sur la musique et pensez à découper cette fiche pratique pour épater vos amis, vos parents et tous vos invités… Le mois prochain, toujours dans la série « technologie et progressivité musicale », découvrez l’influence de l’amiante sur la discographie des Beatles… Aloha !!

Telesphore Flèchette.

 

 Déjà parus dans la collection « technologie et progressivité musicale » :

  Uranium ou Harmonium, that is the question

Hiroshima, mon Oradour, un compositeur japonain, de Taro Iwashiro  

Salmonellose et underground, ou le grand attentat des Majors.

1 Commentaire pour “Aloha jacta est”

  1. Bernard Merci dit :

    Petite précision historique : il n y a jamais eu de lâchers de bombes sur Hawaï, exceptées celles qui portaient un bonnet D et étaient dotées d un organe idoine.

Répondre à Bernard Merci Annuler la réponse.

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