Terra Incognita

Du psychédélisme dans la roue libre…

Pendant très longtemps, j’ai détesté le Tour de France.

Pour moi, le Tour de France, c’était des beaufs déguisés en Belzébuths ventripotents qui agitaient leur fourche sur le bord des routes, c’était le pataquès épileptique de l’indicible Jean-René Godard, c’était les tics nerveux de l’insupportable Gérard Holtz, c’était des combinaisons fluo moulantes à poids ou à rayures qui confondaient les plus élémentaires notions de bon goût, c’était des banderoles promouvant pâtés ou fromages de caractère.

Bien sûr, le Tour de France, c’est encore ça. Mais dorénavant, c’est encore davantage des seringues trouvées dans des poubelles, des prescriptions louches, des docteurs troubles et plus de suspicion tendue que dans le wagon de l’Orient Express.

C’était probablement tout ça aussi dès le début, mais enfin, de nos jours, ça fait plus que se chuchoter, ça se divulgue à grands coups de perquisitions folâtres et d’interrogatoires roides. Le peloton prend des allures de basse-cour affolée, les sponsors se dégagent de toute responsabilité, les journalistes de France télévision diffusent des gueules d’enterrement, et on nous ramène toujours un concurrent français pour jouer les chevaliers blancs pourfendeurs de la tricherie et du fric. Une manière de signifier que si le coq ne gagne jamais, au moins il est licite ! Vous avez dit Virenque ?

C’est en 1998 que le Tour de France est devenu un programme immanquable. Il fallait voir les mines paniquées de ces coureurs fliqués réclamant respect professionnel et intimité ! Les gros noms du vélo ne savaient plus où se foutre. Tout un chacun jurait sur la tête ou la tombe de sa mère et/ou de son père qu’il n’avait jamais ingéré ne serait-ce qu’une boisson énergisante de sa vie.
Puis vint Lance Armstrong et sa belle histoire de vainqueur du cancer. Plus de testostérone dans une seule burne que dans l’ensemble du casting du film « 300 ». Une chance qu’on lui en ait ablaté une sur deux, sans quoi il devenait Maître du Monde. Armstrong remporte l’épreuve pas moins de sept fois.

Ce genre de renversement du sort n’arrive qu’aux américains. Bientôt ils ne se retiendront même plus de nous transformer un myopathe en champion du monde de lancer de poids. C’était franchement trop gros. Mais malgré les échantillons suspects évoqués par l’Equipe, ledit Armstrong jouit d’une impunité qu’on pourrait qualifier de chiraquienne. Ce qui n’est pas le cas de son successeur Floyd Landis. Faut pas prendre les gens pour des cons, non plus. Après en avoir chié sur le plat comme un galérien sous-alimenté dans la tempête, Landis enjambe littéralement un dénivelé de 650 mètres le lendemain. Le soir même, il urine de quoi ressusciter Toutankhamon.

Le plus burlesque, c’est que nos coureurs persistent à se faire gauler. Cette année, on a eu droit  à un fameux feuilleton. Un scandinave dont le motus scrupuleux sur ses allées et venues estivales lui vaut de se faire éjecter avec le maillot jaune sur le dos. Des globules anormalement pullulants chez Vinokourov, Mayo, Sinkewitz et Moreni. Un vainqueur au passif douteux. Des sponsors qui font semblant de se tâter pour remettre la main au portefeuille. Un tout nouveau directeur dépassé par les évènements. Et enfin, des médias qui demandent s’il ne vaudrait pas mieux se passer de grande boucle pendant les deux ou trois prochaines années. Quelle idée ! Le Tour de France n’a jamais été aussi passionnant !

Alors on peut débattre de la place de l’argent dans le sport, de la dramatisation du sport, de la médicalisation dans nos sociétés, de la couleur du maillot jaune, que sais-je, mais de grâce, qu’on ne nous enlève pas notre feuilleton de déchéance !

Teddy de Montréal

4 Commentaires pour “Du psychédélisme dans la roue libre…”

  1. nicolas féré dit :

    et les crampes qd on suis le tour de france devant sa téloche c sympa .
    je passe les cp de fatigue aprés un match de rugby ou foot un peut déjanté .

  2. zeboss ofthe Le Rennet dit :

    Attention à ton orthographe!
    L’abus de tour de France nuirait-il à la santé des mots?
    La prochaine fois, tu copieras 100 fois « la mort du petit cheval »…

  3. stef dit :

    N’empêche, une fois par an, il passe chez moi dans le Beaufortain, à 500 mètres du chalêt familial. Je suis au boulot, en Bretagne. Il pleut car c’est l’été. Et là, une madelaine au bon goût de pâturage, je regarde MON tour de France…

  4. louis lefourbe dit :

    Comme le dit si bien Gérard Holtz, « le Tour de France, c’est aussi le tour de la France ! » Rien à voir avec l’article, mais c’est une phrase culte des après-midis de juillet sur France Télévisions et rien que pour ça, il ne faut pas supprimer le Tour !

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