Discographie

RICHARD HELL & THE VOIDOIDS. Blank Generation/Sire Records – 1977

Richard Meyers est un bambin littéraire et turbulent. Ado, il fugue avec un camarade d'école, Tom Miller. C'est l'hiver. Les deux garçons sont arrêtés par la police pour avoir mis le feu à un champ. « Je voulais juste me réchauffer » dira la grosse chochotte de Miller. « Je voulais juste le voir brûler », approfondira Meyers. L'art pour l'art…

Quelques années plus tard, le duo loue un appartement à New York. Ils écrivent des poèmes, forment un groupe appelé les Neon Boys, retapent la scène d'un club appelé à devenir légendaire : le CBGB (« Country, BlueGrass & Blues »). Meyers se rebaptise Richard Hell, et Miller, Tom Verlaine. Hell compose deux chansons pour le groupe: « Love Comes In Spurts » (« l'amour vient en giclées », hem) et « Blank Generation ». Il se montre un fameux parolier, peut-être le plus romantique du courant punk (ça suffit, avec Patti Smith, à la fin..!) : « I was a child/ who wanted love oh so wild/ though tight as slow motion/ but crazed with devotion/ Insane with devotion/A whole other notion/ I was fourteen and a half/ And it wasn’t no laugh » (LCIS) ;

« I was saying let me outta here before I was even born/ I’s such a gamble when you get a face/ It’s fascinatin to observe what the mirror does/ but when I dine it’s for the wall that I set a place […] Triangles were fallin out the window as the doctor cursed/ He was a cartoon long forsaken by the public eye/ The nurse adjusted her garters as I breathed my first/ The doctor grabbed my throat and yelled “God’s consolation prize!”» (BG). En 1974, les Neon Boys deviennent Television et recrutent un deuxième guitariste, Richard Lloyd. Avec les Ramones et Patti Smith, Television devient un des groupes majeurs de l'underground New-Yorkais. Mais tandis que la musique de Television se fait plus léchée, son bassiste Richard Hell privilégie l'attitude au jeu: il se fait une coupe au sécateur, déchire ses fringues qu'il raccommode avec des épingles à nourrice, les recouvre de slogans nihilistes (« Please Kill Me »). Malcolm McLaren, qui est venu à New York dans l'espoir de relancer la carrière des New York Dolls, en est tout retourné. Revenu à Londres, il s'inspirera du look de Hell pour y lancer avec Vivienne Westwood la mode des épingles à nourrice, colliers de chien, polos rapiécés et coupes de cheveux à pointes. Après une énième engueulade avec Verlaine qui cherche par tous les moyens à sortir de l'ombre de son bassiste fantasque, Hell quitte Television en 1975. Il accompagne alors brièvement les Heartbreakers de Johnny Thunders. En 1976, il s'entoure des guitaristes Ivan Julian et Robert Quine et du batteur Marc Bell pour enregistrer la chanson- manifeste « Blank Generation », que suivra un album entier en 1977. Soit, pour continuer sur mon inrockuptible lancée, une bagarre au couteau entre Captain Beefheart et le Velvet Underground arbitrée par J.D. Salinger. Brisures, flottements, riffs obliques, syncopes, jappements, individualisme exacerbé : toutes les oreilles n'aimeront pas.

Raison de plus!

 

Avec l'assurance de mes sentiments distingués

1 Commentaire pour “RICHARD HELL & THE VOIDOIDS. Blank Generation/Sire Records – 1977”

  1. Grady dit :

    Richard Hell – the TOP du movement punk, et avec Patti Smith le cerveau du mouvement ‘underground’ New Yorkais.

    Merci pour avoir ramené ça dans la lumière.

    « Blank Generation » doit être re-edité.

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