Discographie

Gun Club: A History Of Violence

Cette semaine, le Rennet fait tourner les tables pour vous conter l'histoire du cinquième amendement du rock.

Rituel foireux

Le temps a passé, les albums ont été réédités, réévalués,des documentaires sont sortis, un recueil de textes également. A sa mort en 1996, Libération écrivait « mort d'un loser ». Aujourd'hui, Jeffrey Lee Pierce est devenu une des icônes de ralliement des amateurs de rock à goudron et à plumes. Né en 1958 d'un père fonctionnaire WASP et d'une mère mexicaine de descendance indienne et française, Jeffrey Lee Pierce grandit dans le quartier d' El Monte à Los Angeles. C'est un adolescent solitaire, dévoreur de livres autant qu'écumeur de disquaires. Pierce écoute, lit (c'est un inconditionnel de William Burroughs), observe, et bourlingue. New York, puis la Jamaïque, la Nouvelle-Orléans, Memphis. Fatalement, il commence à écrire. Il devient le chroniqueur reggae du très influent fanzine Slash. Admirateur de Blondie, dont il est le président du fan-club en Californie, il se teint les cheveux en blond en hommage à Deborah Harry. Il est également incollable sur les grands anciens du blues, pour, selon la légende, avoir fréquenté Bob « The Bear » Hite, ancien chanteur de Canned Heat et grand collectionneur d'anciennetés devant l'éternel. Son House, Charley Patton, Leadbelly… Bientôt Pierce fait la connaissance de Brian Tristan, lui-même métis et président du fan-club des Ramones. Un soir, l'alcool aidant, Pierce propose à Tristan de monter un groupe pour « faire chier le peuple » et « se faire payer des coups par les journalistes ». Tristan ne sait pas jouer de guitare? Faux-fuyants! N'importe quel gougnafier peut apprendre à jouer d'une guitare accordée en open de mi: il suffit de  plaquer l'index sur le manche pour pouvoir jouer n'importe quel accord majeur. Le répertoire de Creeping Ritual (le nom du groupe) se compose de murder ballads incunables et de blues fuligineux. Le groupe n'est pas en place: pour ce qui est de faire chier le peuple, l'objectif est atteint à chaque concert. Pour tout rituel, le groupe se voit l'objet de lancers de projectiles variés. Peu-à-peu, néanmoins, sa musique s'étoffe. Rebaptisé « The Gun Club », le groupe franchit un cap avec l'adjonction de deux anciens des « Bags » : le bassiste Rob Ritter et le batteur Terry Graham (« la première fois que j'ai fait un show avec Jeffrey, il  était sapé en blanc avec une cravate et portait une Bible énorme sous le bras. Il a balancé la Bible sur le sol et a pris une chaîne et commencé à fouetter la Bible avec. Et j'ai pensé: « ça me plaît, c'est vraiment pas mal ». Je viens du Texas, alors j'étais en mesure d'apprécier »).

 

 

 

Sacrifice auriculaire

 

Suite à la défection de leur guitariste Bryan Gregory, les Cramps entrent en contact avec Brian Tristan. Celui-ci est encore un guitariste fruste, mais il a le look, la fraîcheur, l'attitude. La sulfureuse Poison Ivy le joint par téléphone pour lui demander ce qu'il serait prêt à sacrifier pour intégrer les Cramps.

« Euh, aller à la fac, voyager, mon groupe actuel..? » hasarde le jeune homme. « Non, répond Ivy, je veux dire, tu serais prêt à te couper un doigt? ». Avec la bénédiction de Pierce, Tristan rejoint ainsi les Cramps pour l'enregistrement de « Psychedelic Jungle », excellent second album du groupe de psychobilly. Il se voit affublé du sobriquet de « Kid Congo Powers », nom de guerre qui ne le lâchera plus. Dépité de ne pas avoir été retenu par le groupe de Lux Interior, le guitariste Ward Dotson se présente à Jeffrey Lee Pierce. Dotson est un musicien autrement plus aguerri que Powers. Il s'approprie les morceaux du groupe en un rien de temps. Ainsi constitué, le Gun Club court en studio (au sens propre) graver son premier album. Pressés par le manque de moyens, les musiciens ne peuvent se permettre de passer trop de temps à enregistrer et sont contraints de se ruer hors du studio avec leurs instruments sous le bras après avoir couché cinq ou six chansons. Ceci expliquant en partie le tempo enlevé des chansons (« Sex Beat », « She's Like Heroin To Me », « Preachin' The Blues »).

 

 

 Elvis de la géhenne

 

Reste à trouver un label. Malin, Pierce emmène la cassette dans les locaux de Slash Magazine pour la passer sur le magnéto de la rédaction. Ni une ni deux, l'album « Fire Of Love » paraît sur le label Ruby, sous-division de Slash Records en 1981. Jusque dans le New-York Times, la critique s'enflamme pour cette synthèse ignée du delta blues rural et du punk urbain. Injecter la frénésie du punk dans un folklore hanté: la démarche n'est pas nouvelle, les Pogues en ont eu l'idée quelques années plus tôt. Mais personne n'avait ainsi chopé le blues par le colback  depuis les premiers temps du British Blues Boom. Le blues des origines véhiculait une  malédiction poisseuse. Robert Johnson chantait le diable et les chiens de l'enfer. Au fil des années 70, cependant, le blues s'était étiré, dilué. Sur toutes les ondes, des guitaristes en charentaises pratiquaient un yo-yo pentatonique fatigant. La virtuosité, on le sait, est l'adversaire de l'évidence. « Invention was betrayed by the machine » (« Fire Spirit »).

Le groupe fait beaucoup parler de lui à Los Angeles et sur la côte Est des Etats-Unis. Pierce fait le couverture du New-York Rocker sous le titre « All Dressed Up Like An Elvis From Hell », tiré des paroles de sa chanson « For The Love Of Ivy » (la Poison Ivy des Cramps?). Obsédé par les murder ballads, Pierce menace dans ce morceau de s'acheter son propre cimetière, de se procurer un flingue long comme le bras et de tuer tous ceux qui lui ont fait du tort. La violence crue des paroles de Pierce est assortie de provocations sexuelles dans la tradition salace des bluesmen d'antan. « We can fuck forever but you will never get my soul » (« Sex Beat ») ; « And when you fall in love with me, we can dig a hole by the willow tree, then I will fuck you 'till you die » (« Jack On Fire »). Dans la réalité, cependant, et malgré une apparence de Brando platine, Pierce ne connaît pas un succès extraordinaire avec l'autre sexe. Il se fait mener par le bout du nez par la chanteuse Texacala Jones, harpie toxique, Siouxsie bis en somme, dont il contribue pourtant à lancer le groupe (« Tex & The Horseheads »).

 

Hillbilly tropical

L'intérêt gagne bientôt l'Europe et le chanteur attrape la grosse tête. Déjà pas facile à vivre, il devient rapidement complètement imbuvable. D'autant plus imbuvable qu'il est alcoolique et ne tient vraiment pas la boisson. « Je buvais plus que lui, mais je ne me comportais pas comme un idiot pour autant. Ça avait un effet différent sur lui. Il était déjà fou de toute façon. Ça ne faisait que le rendre encore plus cinglé, se souvient Dotson. Il voulait être un junkie et un alcoolique. C'est une chose terrible de vouloir être ça, d'aspirer à devenir comme ça. Mais apparemment son voeu s'est réalisé, ça lui est arrivé. » se souvient Dotson. Son comportement va encore empirant après la sortie du deuxième album, « Miami » (produit par Chris Stein de Blondie). Inspiré par cette ville dans laquelle Pierce ne voit qu' « un cimetière des éléphants déguisé en paradis tropical », c'est un album moite, vénéneux, entêtant. Pour la critique, Jeffrey Lee Pierce est le nouveau Jim Morrison. Un parolier lettré, un chanteur habité, une gueule d'angelot bouffi, une morgue détestable. On est loin pourtant des mélismes psychédéliques des Doors. « Miami » évoque plutôt un Creedence Clearwater Revival sous peyotl. Hillbilly psychotique, l'album contient d'ailleurs une reprise assez convaincante de « Run Through The Jungle ». Mais le clou du disque est cette reprise démentielle du « Fire Of Love » de John Reynolds. Une véritable fournaise! Fidèle à sa dénomination, le Gun Club défouraille des calibres à tir serré: « Bad Indian », « A Devil In The Woods », « Sleeping In Blood City ». Par moments, on se demande si JLP n'aurait pas inventé le grunge, des fois. Le disque se conclut sur une jolie ballade apaisée, « Mother Of Earth » (soit dit en passant, les éléments naturels occupent une place très importante dans la thématique du groupe).

 

 

 

Fête mortuaire

 

Excédé par les délires monomaniaques du chanteur, le bassiste Rob Ritter quitte le groupe.

Il n'apparaîtra pas sur la pochette de l'album. Il est remplacé par la très gothique Patricia Morrison, ex-Legal Weapon et future Sister Of Mercy. Ritter est vite imité par Dotson qui ira fonder les Pontiac Brothers. « Pendant des années, j'ai fait le rêve récurrent que je lui frappais la tronche avec un club de golf », dira le guitariste de Jeffrey Lee Pierce. Terry Graham ne reste pas beaucoup plus longtemps. Pierce embauche alors le guitariste des Panther Burns, Jim Duckworth, et le batteur Dee Pop, issu des Bush Tetras. Ensemble ils enregistrent le mini-album « Death Party » en 1983. Les cinq titres du maxi s'inscrivent dans la lignée des deux albums précédents, entre le blues amphétaminé de « Lucky Jim », la rengaine de juke-joint de « House On Highland Ave. » ou la transe bruitiste de « Death Party ». Suite à une tournée européenne marquée par des excès en tous genres, Pierce se sépare de son batteur (malgré, ou à cause de, ses bons rapports avec Dee Pop. Terry Graham réintègre alors le Gun Club pour quelques concerts aux USA. Mais le jour même où le groupe doit prendre l'avion pour une tournée en Australie, Graham et Duckworth laissent le chanteur en plan, insatisfaits qu'ils sont du caractère très vague de ses engagements (Terry Graham réintégrera néanmoins le groupe une fois celui-ci rentré en Amérique). Dans l'urgence, Pierce appelle son vieil ami Kid Congo Powers. Le retour de Brian Tristan signale le début d'une nouvelle phase pour le groupe. 

 

 Rien ne va plus

 

« The Las Vegas Story » (1984) voit les débuts à la guitare de Jeffrey Lee Pierce. Album de transition, il ne réalise pas les ambitions qu'on y décèle. Les compositions sont moins évidentes que sur les albums précédents. En dehors d'un ravageur « Walking With The Beast » avec riff de tronçonneuse et rodomontades de foire, d'un « Eternally Is Here » carillonnant et d'une pépite de deux minutes intitulée « Secret Fires » (qui bénéficie d'une guitare slide « empruntée » à Ry Cooder, lequel utilisait le même studio pour enregistrer la B.O. de Paris, Texas), l'album est trop hétérogène et tarabiscoté (« Bad America », « Stranger In Our Town »). Ou bien c'est la prise de voix qui laisse à désirer (« Moonlight Motel »). Les reprises de « The Master Plan » (Pharoah Sanders) et « My Man's Gone Now » (Gershwin), pour correctement interprétées qu'elles soient, n'apportent rien au disque. Le son de guitare à la fois poisseux et soufré des premiers albums a été passé au détergent hard FM. En clair, « The Las Vegas Story » présente une sonorité beaucoup plus eighties (le gros mot!).

Après deux mois de tourn&
acute;e en Europe, Pierce décide de s'établir à Londres. C'en est assez pour Graham qui fait ses valoches pour de bon. La lassitude se révèle d'autant plus grande à la fin de la tournée que Powers et Pierce ont ingurgité des drogues tout du long. Peut-être découragé des prises de chou ayant émaillé l'existence du Gun Club, Pierce se lance dans un projet solo avec des musiciens de studio. Le Gun Club est démantelé. Pour la première fois, JLP se retrouve seul à tenir la guitare. « Wildweed », le résultat, est mitigé mais encourageant. Le morceau d'ouverture, « Love And Desperation », convoque les vertiges malsains des nuits blanches, les affres délirantes de l'obsession, l'amour ivre du désespoir. Pour le reste, Pierce se contente de semer différentes idées qui écloront en beauté sur l'album d'après, chef d'oeuvre de la seconde période du Gun Club.

 

  Exploit halluciné

 

Jeffrey Lee Pierce engage des musiciens pour assurer la promotion de Wildweed. La section rythmique du « Jeffrey Lee Pierce Quartet » est composée de Nick Sanderson à la batterie et Romi Mori à la basse. Mori devient la petite amie de Pierce. Boursouflé par l'alcool et les drogues, celui-ci entreprend de se refaire une santé- sans pour autant arrêter de boire. Il se met au jogging! Par ailleurs il cesse de se teindre les cheveux. C'est un Jeffrey Lee Pierce amaigri aux cheveux noirs qui propose à Kid Congo Powers de reformer le Gun Club avec Sanderson et Mori. Entre-temps, Powers s'est greffé aux Bad Seeds de Nick Cave, lequel partage son temps entre Londres et Berlin. Kid Congo Powers suggère d'enregistrer le nouveau Gun Club dans la capitale allemande, dont on sait l'influence très particulière qu'elle peut avoir sur les musiciens. Jeffrey Lee Pierce demande à Robin Guthrie, dont il apprécie le groupe les « Cocteau Twins », de produire le disque. À priori, le choix est saugrenu. Les Cocteau Twins excellent dans une musique froide, ouatée, tout en nuances atmosphériques; la musique du Gun Club n'a pas vraiment une gueule d'atmosphère. Si l'on devait la définir en termes de décor, à ce stade de sa discographie, ce serait un ancien tripot confédéré construit sur un antique cimetière indien et reconverti en squat à junkies sous l'ère dorée du Reaganisme triomphant. Et pourtant. La production de Robin Guthrie confère à « Mother Juno » (1987) un caractère halluciné, somnambulique, à l'image de la peinture flippée de Claus Castenskiold qui orne la pochette. Dans ce paysage à la Munch, les riffs explosent comme des geysers.  L'homme des Cocteau Twins a trempé les guitares du groupe dans l'azote liquide. On n'est pas dans les gnangnanteries des Smiths. Le groupe lâche les chevaux sur « Thunderhead », « Lupita Screams », « Hearts », « My Cousin Kim ». Ce n'est plus une harde, ma petite dame, c'est un cyclone! Dans cette tempête, Pierce instille successivement une ballade empoisonnée  (« Yellow Eyes ») et son antidote (« Breaking Hands »). Tout lui réussit sur ce coup, y compris une ballade power pop presque putassière, mais qui marche à fond (« Port Of Souls »).

 

 

 

 Retour de scoumoune

 

Grâce à « Mother Juno », la critique se rappelle au bon souvenir du Club. Mais le sort réserve un sale coup à l'album. Le label Red Rhino, qui le distribue, fait faillite peu de temps après sa sortie. La conjonction des efforts physiques réguliers de Pierce et de sa consommation d'alcool continuelle provoque une rupture de sa rate. Le groupe reparaît en 1990 avec « Pastoral Hide & Seek », qui voit le jour grâce au soutien financier d'un inconditionnel hollandais du groupe. Inconditionnel, il faut l'être assurément pour se procurer cet album, qui est de loin le moins bon de la discographie de Jeffrey Lee Pierce. Avec le temps, celui-ci est devenu un très bon guitariste. Il le démontre en enchaînant des plans sophistiqués (« St John's Divine », une reprise du « Eskimo Blue Day » de Jefferson Airplane) et des solos au doigté impeccable (« Emily's Changed », « Temptation & I »), mais l'ensemble demeure anecdotique, ennuyeux même. Le groupe sonne comme des Red Hot Chili Peppers dégonflés et mis sous cellophane. L'E.P. « Divinity » qui paraît en 1991 ne convainc pas non plus, malgré deux reprises réussies: celle, funky, du traditionnel « Keys To The Kingdom » et celle, heavy, du « Black Hole » des Urinals. « Sorrow Knows » est une pièce montée guitaristique enflée mais qui manque de saveur. Kid Congo n'a plus le coeur de continuer.

 

 

 

 Lugubre catharsis

 

Par ailleurs la santé de Jeffrey Lee Pierce  ne cesse de décliner. Il passe beaucoup de  son temps dans les hôpitaux. Pour ne rien arranger, sa relation avec Romi Mori bat de l'aile (elle  le quittera pour Nick Sanderson, le batteur du groupe, après la sortie de « Lucky Jim », dernier album du groupe, en 1993). Pierce s'envole alors pour l'Asie du Sud-Est. Il se rend au Japon (un pays dont la culture le passionne), au Cambodge et au Vietnam. Pour Dave Alvin, le guitariste des Blasters,  les motifs de son voyage sont tristement évidents: « Des mecs comme ça, s'ils vont en Asie du Sud-Est, ce n'est pas pour visiter les ruines et faire de la rando. Ils y vont pour la drogue ». Il y compose plusieurs morceaux qui figureront sur « Lucky Jim ». Début 1992, il est au Pays-Bas pour enregistrer un album de pur blues avec le guitariste Cypress Grove et le batteur Willie Love. Pour faire simple, et en dépit de quelques titres électrifiés, « Ramblin' Jeffrey Lee & Cypress Grove with Willie Love » serait un peu l'album « Unplugged » de Pierce. En érudit du genre, l'Américain reprend avec brio des blues confidentiels de Don Nix, Charley Patton, Willie Brown, Frankie Lee Sims, Robert Wilkins, Skip James, Chester Burnett. Son interprétation de « Hardtime Killin' Floor Blues » et « Alabama Blues », en particulier, est merveilleuse. Pierce livre également deux chansons de son cru, une lugubre catharsis (« Stranger In My Heart »), et une mélopée minimaliste prétexte à de nombreux solos dans le style de son guitariste favori Jimi Hendrix. RJL&CGWWL est un album hommage au blues réussi, mais qui s'intéresse encore à ce type de projet en 1992? En tous cas, pas la presse qui ignore le disque. Quelques morceaux de « Lucky Jim » sont couchés sur bande à la même époque. Le reste est enregistré un an plus tard. Pierce se porte très mal. Ça s'entend. Sur « A House Is Not A Home » (qui n'a pas grand-chose à voir avec la chanson de Burt Bacharach), il broie du noir comme un concasseur une vieille bagnole. C'est le même bruit. Trois ballades formidables ressortent néanmoins de l'album. « Lucky Jim » et « Idiot Waltz » sont empreintes d'une puissante mélancolie. « Cry To Me » est un moment d'optimisme plutôt bienvenu dans ce fatras de noirceur.

 

 

 

 Objets de culte 

 

Miné par sa rupture avec Mori, atteint d'une maladie incurable au foie, bouffi par la drogue, Jeffrey Lee Pierce n'est plus que l'ombre de lui-même. Il vit comme une trahison le fait que son ex se soit mise avec Nick Sanderson. Le Gun Club est dissous de facto. Le fidèle Kid Congo acceptera bien de donner encore un concert ou deux, mais le groupe n'enregistrera plus. Assisté par Henry Rollins (« Black Flag »), Pierce assemble divers écrits de sa plume dans le but de sortir un livre (ce sera le recueil « Go Tell The Mountain »). Le 31 mars 1996, il décède des suites d'une hémorragie cérébrale. Un coffret de 4 CD intitulé « The Life And Times Of Jeffrey Lee Pierce » est sorti récemment. Difficile de dire à qui cet objet s'adresse exactement. Le premier CD, une compilation studio pour le moins sujette à débat, ne présente pas vraiment d'intérêt pour les fans absolus. Quant aux trois CDs restants, remplis de prestations live, pas sûr qu'ils passionnent le néophyte. Autant jeter une oreille sur « Fire Of Love », « Miami » et « Mother Juno » d'abord. Pour les mordus, recommandons deux documentaires récents: en premier lieu, l'excellent « Ghost On The Highway » de Kurt Voss, qui retrace la trajectoire de Jeffrey Lee Pierce en l'agrémentant des témoignages de ceux qui l'ont connu (documentaire auquel je me suis pas mal référé pour cette chronique), et « Hard Time Killing Floor Blues », qui montre l'homme dans les dernières années de sa vie. Le bouquin « Go Tell The Mountain » est désormais épuisé. Il s'arrache sur internet à des prix prohibitifs. Preuve, s'il en faut, que la musique du Gun Club continue de passionner.

 

 

 

    Nichachien Reilly  

3 Commentaires pour “Gun Club: A History Of Violence”

  1. Piedo dit :

    Un article sur Gun Club, qui place « incunable » et « fuligineux » dans le premier paragraphe est forcément dément.

    C’est tout ce que j’ai à dire.

  2. Gael dit :

    Une magnifique biographie! Chapeau a l’auteur! Je reste neanmoins plus nuance pour The Las Vegas Story, je trouve que cet album a quelquechose. Pour le reste, la chronique retrace parfaite,ment l’histoire ce groupe et surtout de cette musique magnifique! Bravo!

  3. soap dit :

    une grde vie et une belle mort que vs décriver .

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