Les nouvelles maladies

Plus contagieuse que la peste, la peur se communique en un clin d’oeil

Alors que la dernière décennie cinématographique nous avait généreusement sustenté d’apocalypse Zombie et de scénarios pandémiques à tous les étages, cet été nous laisse sec comme Mère Thérésa… si ce n’est la menace grippale intersidérale qui couve et qui va bien finir par nous tomber sur la gueule… Ire divine ? Même Mickael Jackson se fend la poire !

Et on le comprend ! A écouter le gouvernement, il est préférable de commencer à creuser les charniers plutôt que d’aller faire des châteaux de sable tandis que certains médecins, ou imminents épidémiologiques, préconisent l’aspirine pour guérir le Mal… tant que ça se soigne pas par un lavement, tout est bon à prendre !

Mais alors qui écouter ? Comment ne pas être dépourvu devant ces annonces contradictoires ? Quand Roselyne Bachelot avance son scénario catastrophe, on imagine déjà la pestilence, que dis-je, la purulence dévaler à grandes enjambées les Champs Elysées, fauchant des grappes entières de personnels, allant faire terreau dans une fosse commune. Du côté de la DST, on aurait décryogénisé Jean Moulin pour entamer une résistance intelligente. Suivant nos dernières sources, ce dernier aurait décliné l’offre, officiellement pour raisons syndicales… Officieusement, le super résistant serait courroucé de voir un parc Disney et un parc Astérix et rien à son nom : « Vous avez qu’à demander la solution cette tête de rat de Mickey ou prendre de la potion magique ! » se serait esclaffé le héros juste avant de refermer la porte du frigo…

La populace convaincue de connaître la grande Peste du 21e siècle se retrouve ainsi privée de symbole national… on a bien essayé de caser des intérimaires comme Bernard Tapie mais on a vite fait marche arrière devant sa proposition de « foutre les infectés et les tubars dans le vélodrome d’Hiver avant de les envoyer en vacances au Tyrol… » La proposition restant alléchante pour le gouvernement mais Simone Weil !

D’autre part, certains praticiens chevronnés à blouse blanche relativisent à coups de Doliprane et autres gadgets effervescents, drainant la confiance entre la météo et Intervilles : « et vous pouvez nous faire confiance sur le plan sanitaire… on s’est déjà bien vautré en 2003 pendant la canicule, la science ne peut pas se planter deux fois en moins de dix ans ! », nous dit ce célèbre chirurgien, masquant maladroitement un buste à l’effigie de Josef Mengele…  « Après, c’est une affaire de gènes, de forts et de faibles, voire de races… versteht sich von selbst ! »

Nous, à Le Rennet, on a pris le parti de se préparer suivant la doctrine Romero, soigner le mal par le mal… chaque rédacteur s’est vu administrer l’obligation forte de visionner 40 films à haute teneur pandémique zombistique ainsi que la lecture des pensées architecturales et poétiques de Vauban… Juste avant de rentrer en cloître. Les sacs de sable sont entassés devant la salle de rédac, des herses ont été érigées avant d’être aspergées de curare et d’eau bénite, des mitrailleuses 12.7 ont été installées aux endroits stratégiques et bénies par un curé de paroisse et un rabbin de Belleville, des stocks alimentaires ont été cantinés dans des coffres forts suisses gardés par un comptable de Tel Aviv et un écossais aveugle… L’entraînement quasi disciplinaire a forgé les âmes et les corps comme une cuirasse chez Potemkine, les rédacteurs sont prêts et vifs comme des hyènes, interprétant la moindre toux, le plus léger éternuement comme une attaque atomique… En ont fait les frais un témoin de Jéhovah, un laveur de carreau ainsi qu’un postier rubicond… Les corps ont été dissous dans de l’azote liquide puis ventilés à la Pointe du Raz… Faut pas nous faire chier avec vos miasmes !

A l’heure même où j’écris ces lignes, je surveille de très près Louis Lefourbe et joe le trembleur, rédacteurs à l’écriture revêche mais néanmoins forts sympathiques… J’ai surpris le premier en train de trémuler en regardant l’International de golf de Koh Lanta et le second pâlir de haine en écoutant un titre de Cocoon qui passaient sur les ondes… je crois qu’ils ont été contaminés par un dissident belge, vague connaissance de leur adolescence perturbée, qu’ils ont abrité le temps que les choses se tassent… Le premier qui se mouche, il va y avoir droit, ça c’est sûr !

 

 

2 Commentaires pour “Plus contagieuse que la peste, la peur se communique en un clin d’oeil”

  1. Le Rennet dit :

    oui, c’est exactement ça! Moins on comprend, plus on a peur et plus on a peur…

  2. marmotte dit :

    g pas tt compris mais sa fait peur
    PS : y aurait ti un interpretes ds le coin [:~>

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