Apportez moi la tête de...

Etonnez moi, Benoît…

Pile quand on finissait par désespérer des macaronis, ils nous offrent le plus spectaculaire pétage de molaires punitif. Le horion vengeur de la démocratie bafouée. Le bousillage-happening de crapule fasciste.

Hommage au forcené maraviglioso qui a dégommé les ratiches du Berlu à coup de cathédrale miniature: puisque le sommet de Copenhague s'est achevé en eau de boudin, l'événement politique le plus euphorisant de la fin d'année lui revient tranquillou.

Primo, une mise au clair. Comme vous, j'ai frémi en voyant de vilains dingos se ramener aux meetings d'Obama avec la force de frappe d'un porte-avions en bandoulière (et ça n'était pas le Charles de Gaulle). Comme vous j'ai trouvé de mauvais goût le jeu qui cartonnait il y a quelques années sur internet et qui consistait à shooter JFK sur Dealey Plaza. Il m'arrive même, lorsque papa vante la Citroën DS dans ses sénilités gaulliennes de repas de famille, d'agréer mollement.

 

Tandis que la frustration du tricard lambda que nous sommes se cristallise sur les personnalités visibles du pays, on entend communément l'envie de buter tel ou telle. « Machin, faut le flinguer », se lâche t-on. Comme si ça devait tout résoudre. C'est la vieille histoire du bouc émissaire qu'on  emmène crever dans le désert après lui avoir imputé les turpitudes de tout un chacun: la nécessité d'enfermer le ressentiment dans une incarnation vulnérable. Sauf que les boucs d'aujourd'hui sont la plupart du temps bel et bien décideurs des avanies affectant la communauté et qu'ils sont de plus en plus désincarnés par l'image, ce qui aggrave d'autant ce ressentiment. Dans les meilleurs cas, celui-ci est sublimé dans la  création. Pour rappel, un faux docu a  été tourné en 2006 qui mettait en scène l'assassinat de George Bush (« Death Of A President »). Mais quelquefois un déséquilibré au surmoi défaillant ne se contente pas de se sentir mieux en le disant- il faut qu'il passe à l'acte, qu'il essaie de zigouiller une personnalité (cf. Maxime Brunerie).

Sans en arriver là, vous ne me ferez pas croire que vous n'auriez pas adoré voir et revoir deux mocassins irakiens atteindre le faciès honni du Texan va-t-en-guerre. Pif, paf. Personnellement, je ne me lasse pas de décomposer l'entartage de Sarkozy sur Youtube. Exceptionnellement, donc, une taloche ou un coup de latte, quand l'agacement collectif a  fermenté aussi longtemps, ça peut libérer. Ça replace derechef le politicard désincarné dans le réel. Et c'est d'autant plus cathartique lorsque le gazier jouit depuis toujours d'une impunité sidérante. Un Berlusconi cabossé, après toues les saloperies qu'il a pu dire ou faire (je repense en particulier à sa déclaration consécutive au tremblement de terre des Abruzzes comme quoi « les sinistrés du tremblement de terre doivent prendre ça comme un week-end en camping »), en ce qui me concerne, c'est une manifestation précoce de l'esprit de Noël (le vrai, pas le tarifé). Bonne année!

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