Discographie

David Mac Williams

Le 45 tours avait tout pour séduire l'enfant que j'étais alors… Dans la collection "Dance for ever", j'annonce David Mac Williams! Le morceau "Days of Pearly Spencer" résonnait alors dans mes oreilles comme la quintessence de la mélodie parfaite. Et quelle modernité! Cette voix nasillarde et désincarnée qui poussait le refrain, était elle le fait d'un androïde enrhumé? Cela soulevait des questions, auréolant d'encore plus de mystère le rond de cire en pleine révolution.

Point de robot crooner mais un mégaphone pour donner l'impression d'une voix téléphonique… pas d'alter ego en ferraille pour David Mac Williams, seulement un trèfle à trois feuilles accroché à chacune de ses compostions.
David Mac Williams naît en 1945, à Belfast, Irlande du nord. Les fées "Banshees" se penchent sur son berceau pour chantonner "foggy dew", lui donnant le goût pour la mélodie et la composition. Précocement, Mac Williams joue de la guitare et interprète ses chansons. En tant qu'irlandais, il exerce savamment ses talents en football, fait de la danse dans un cercle et se fait virer de l'école pour avoir picolé entre les cours. Se passionnant de plus en plus pour certaines affaires rock an roll, il voue rapidement un culte hors norme pour Buddy Holly. Lassé de jouer des reprises (notamment pour son cercle de danse), il compose de plus en plus: "I listen with my eyes and i sing what i see".

 Après avoir enregistré quelques titres, il fait passer une démo qui tombe entre les mains de Philippe Solomon, alors manager des Van Morisson and the Them et des Bachelors. Solomon est activiste dans le milieu musical irlandais d'alors, allant même jusqu'à investir de l'argent dans la fameuse radio pirate, "radio Caroline". Il possède 20% des parts et est un ami de Ronan O'Rahilly, directeur de la radio. Radio Caroline émet au large des côtes anglaises, juste à la limite des eaux internationales, depuis un ancien ferry danois rebaptisé Caroline. Trublion des ondes, la fameuse antenne jouera un rôle important dans la carrière de Mac Williams, le desservant plus qu'autre chose.

Convaincu du talent de Mc Williams, Solomon lui décroche un contrat chez CBS… Sortie du premier 45 tours, "God and my country", en 1966. C'est un échec populaire. Qu'importe! Solomon reste fidèle à Mc Williams et le signe sur son propre label, Major minor. Le label Major Minor Records a été créé par Solomon pour pouvoir produire des artistes peu reconnus en Grande Bretagne… c'est un maillon de la chaîne important pour Solomon qui considère que la BBC est vendue aux gros labels de l'époque et ne passe que des disques issus des grosses structures. Major Minor lui permet de signer des artistes "indépendants" qui sont diffusés via les ondes par Radio Caroline. le catalogue est vaste et de qualité: the Isley Brothers, Cissy Houston, Kim Weston, the Jazz Hip Trio, the New Wave Band (featuring Eric Stewart, qui fonde plus tard 10CC), Taste, The Dubliners, Johnny Nash, Tommy James and the Shondells, Karen Young, Crazy Elephant, Them, July ( groupe psyché super bath), Raymond Lefèvre and his orchestra, we 4, Eric Charden, the golden earings, Rita, Brian Fahey… et bien sûr David Mac Williams! Solomon fera de belles ventes en sortant le 45 tours de "Je t'aime… Moi non plus" de Gainsbourg qui rencontre des problèmes de sortie en rapport à son aspect un peu trop "sexuel". Fontana est trop prude, pas Major Minor!

David Mac Williams signé sur Major Minor, il enregistre dans la foulée son premier album, "David Mac Williams singing songs by David Mac Williams". Pléthore d'arrangements somptueux et baroques signés par Mike Leander. Leander est producteur et arrangeur chez Decca… il est assez talentueux, jusqu'à être le seul arrangeur,en dehors de Martin, a avoir arrangé des parties cordes pour les Beatles (sur "She's leaving home").
Il a produit entre autres Marianne Faithfull, Billy Fury, Marc Bolan, Joe Cocker, The Small Faces, Van Morrison, Alan Price, Keith Richards, Shirley Bassey, Lulu, Jimmy Page, Roy Orbison, Brian Jones, the drifters and Gene Pitney.

Les arrangements de Leander magnifie les compositions de Mac Williams, y apposant clavecins, cordes ou flûtes. Les habituels instruments comme la guitare électrique sont totalement bannis de l'album, laissant encore plus de place au tapis précieux tissé par Mike Leander… A l'écoute de ce premier opus, on pense à un Dylan baroque ou à un Donovan affranchi du maître à penser Zimmerman. Les compositions de Mc Williams sont très personnelles, mettant en scène un quotidien pas toujours reluisant, avec une touche somme toute très "irlandaise".
Ce premier album rencontre un joli succès d'estime. Assez en tout cas pour que Mc Williams réitère avec un deuxième album, nommé sobrement "David Mac Williams", en 1967. L'album marche bien mieux que le premier opus, surtout grâce à son titre "the days of Pearly spencer". Ce tube,"days of Pearly Spencer", reste peu représentatif des compositions de Mc Williams et c'est pourtant grâce à ce morceau que l'irlandais va asseoir sa carrière. Il fait un carton un peu partout en Europe, même s'il faudra attendre 1968 pour que le hit passe sur les ondes. En Grande Bretagne, il est boudé par la BBC, fidèle ennemie de Solomon et de ses accointances avec Radio Caroline… ça n'empêche pas la chanson de connaître un vif succès et d'être repris aussi bien en français qu'en italien… La version française interprétée par Frank Alamo, "je connais une chanson", est une merde sans nom.
Les arrangements sur "david Mac Williams" sont une fois de plus signés par Leander… Certaines oreilles affûtées trouveront des similitudes troublantes entre les arrangements de cordes de Leander et ceux d'Arthur Greenslade, pour "Initials BB" de Gainsbourg.

En 1968, sortie de "David Mac Williams III". Narration du quotidien et de ses souvenirs de jeunesse, portraits de personnages hauts en couleur… l'univers de Mac Williams est de plus en plus personnel. Ballades somptueuses jouées à la 6 ou à la 12 cordes, arrangements précieux et riches en cordes, la formule n'est pas nouvelle mais fonctionne parfaitement. Ce ne sera pas suffisant pour le grand public. Hors le titre "can i get there by candelight?", encensé et multi diffusé en Europe, ce troisième opus se classe moins bien dans les charts. Suivent quelques 45 tours et des tournées plus ou moins formelles en Europe. C'est également en 1968 que le public américain découvre Mac Williams à l'occasion d'une sortie chez Kapp Records. L'album intitulé "days of Pearly Spencer" regroupe ses trois premiers opus.
Dans les années 70, David Mac Williams est à Londres et sort quelques disques chez Parlophone puis sur le label Dawn. L'insuccès le ramène en Irlande du Nord où il continue d'écrire, joue dans des bars et enregistre encore quelques albums dans l'anonymat le plus complet.
David Mac Williams disparaît en 2002.

1 Commentaire pour “David Mac Williams”

  1. Roue Arzhur dit :

    Très bon article sur cet artiste et son « méga-tube ». Nickel !

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