|
Benoît
Sicat fabrique des oeuvres en évolution. Son amour de la
terre et du jardinage se mêlent à la création.
Dans un premier temps pour des besoins alimentaires, il a appris
à cultiver la terre et à comprendre le mécanisme
irrégulier mais jamais hasardeux de la biologie végétale.
La nature nous surprend, éveille; elle laisse, à
qui veut bien la regarder, des interrogations, des surprises.
Benoît Sicat laisse la nature traverser son travail.
Ses réflexions le conduisent à considérer
le rapport d'une oeuvre au public ; rapport qu'il ne cesse d'approfondir
pour chaque réalisation. Son parcours est ainsi constitué
de peintures à toucher, de performances avec des comédiens,
de réalisations audiovisuelles, d'interventions scènographiées
ou improvisées. En somme, il tente de lier au maximum les
arts visuels (fond de sa recherche), les arts vivants (multiples
formes du spectacle) afin d'entrecroiser les liens avec le public
dans l'instant et dans le temps.
L'atelier qu'il occupe depuis plus d'un an au 16, rue de Plaisance
lui a permis d'exercer ses deux passions. Chaque élément
du jardin est ainsi à considérer comme une installation
plastique. Le jardin est en évolution constante et sera
également le lieu d'origine et de tournage d'un film intitulé
tout naturellement "16, rue de Plaisance". La richesse
de ce jardin est une sorte de trace laissée par l'ancien
occupant de la maison. Inventeur, bricoleur, la terre porte encore
les vestiges de son passage. Divers éléments que
la terre contient en elle, ressurgissent du sol et ont ainsi donné
l'idée à l'artiste de tenter de nouvelles expérimentations.
Les Telluriques (diapositives enterrées)
Parmi toutes les expérimentations, les diapositives enterrées
sont les éléments qui ont réagit le plus
rapidement et qui ont offertes un résultat aussi inattendu
qu'extraordinaire. L'image déterrée a répondu
à ses recherches picturales (entre végétal
et organique, micro et macroscopique).
"En enterrant des images noires (le film diapo est exposé
à la lumière du ciel avec une ouverture du diaphragme
trop faible pour obtenir un effet de sous exposition pouvant atteindre
parfois le noir absolu) je propose à la terre de féconder
une nouvelle image en attaquant une à une les couches de
gélatines rouge, verte et bleue, quant à moi je
contrôle la période d'incubation. (une à deux
semaines selon les terres)."
|
|
|
|
Les "Telluriques"
: Diapositives, ayant peu pris la lumière, enterrées
dans le sol durant un certain temps. Les couleurs sont le
fruit de l'attaque du sol sur la pellicule...Révélations.
|
Les jardins recettes
Depuis qu'il dispose d'un jardin à côté de
l'atelier, l'un et l'autre se répondent, l'invitant à
dépasser la simple culture du sol à des fins nutritives
pour expérimenter la matière du sol et y intégrer
ses recherches plastiques. Ainsi sont nés les jardin recettes
invitant le spectateur à consommer les oeuvres sur place.
Culture/sculpture, ces fruits et légumes tutorés
suggèrent l'art et la manière de les manger.
|
|
|
Un exemple de culture/sculpture : le jardin
salades.
|
Le Tipi (hexaèdre à sept
faces)
La cabane est un projet d'installation en plein champ initié
par les plasticiens Philippe Godderidge et Bernard Legay, qu'ils
ont ensuite ouvert à d'autres artistes. Le lieu de cette
installation appartient à Stéphane Royer, maraîcher
en biologie et se situe dans le Calvados à Torteval. Chaque
artiste peut disposer du lieu et y installer sa performance. Cette
année l'idée d'un terrier est en train de germer
!
Les écorcés vifs (installations
en forêt)
Jalonnant
un parcours de promeneurs, les "écorcés vifs"
sont revêtus d'une écorce de couleur, telle une seconde
peau, plaquées au plus près du tronc dans une intime
étreinte. Volontairement inattendus en pleine forêt,
lieu idéal de réflexion et de contemplation, les
"écorcés vifs" invitent le promeneur à
redécouvrir et à se réapproprier la peinture.
A ce jeu d'emprunte picturale s'ajoute celui de l'empreinte des
aléas climatiques et naturels qui mèneront les peintures
vers une inéluctables dégradation...rapport de l'oeuvre
d'art au temps.
Le Fofomaton
L'objet "Cabane"propose de vous faire tirer le portrait.
Proche de la caricature, le dessinateur ne retient que les traits
généralement représentatifs de la personne,
dans une observation subjective. Une "mise en boite"
qu s'annonce par l'objet "cabane" au travers de laquelle
les volontaires ne sortent que la tête. Celle du dessinateur
est elle même "mise en casque" afin d'éviter
à l'oeil de glisser du modèle à l'ardoise
qui leur sert de support...
|
|
|
|
Animation ludique pour les grands et les
petits
|
Les produits du tiroir
Performance théâtrale burlesque à l'intérieur
d'une installation plastique, dont le pari est de vendre la peinture
de Benoît comme de la bouffe. Un stand de marché,
un mobilier formant un comptoir pour soutenir tiroir-caisse, balance,
et autres petits rangements...Voici planté le décor.
Deux comédiens sont derrière le comptoir pour attirer
le chalan : lui faire ouvrir les tiroirs, toucher la peinture,
lui proposer différents modes de conservation des oeuvres...
Un humour absurde pour vendre la marchandise à la manière
des bonimenteurs.
|
|
|
| En ces temps de mal bouffe
où on nous fait prendre des vessies pour des lanternes... |
Voilà la fin de ce portrait d'artiste, le fils conducteur
étant bien sur le rapport à la nature comme moteur
de création... Prochainement je vous présenterai
une pièce pour enfants "Petit bout de rien"...
A suivre !
|