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Bjon
Berge
Un homme, une guitare, un choc
Le type sur scène est tout seul. Il t'explique tranquillement
que c'est déjà difficile de s'entendre avec soi même, alors
avec d'autres musiciens…S
Le type sur scène est tout seul. Il
t'explique tranquillement que c'est déjà difficile
de s'entendre avec soi même, alors avec d'autres musiciens
Il
rigole et raconte qu'en plus il a pas envie de partager sa
gloire, qu'il est plus facile de se souvenir d'une seule personne
que d'un groupe en entier. Ca, pour le souvenir, pas de problème.
On le voit une fois et il vous squatterise la case mémoire
jusqu'à la fin de votre vie
10, 20, 30 ans plus
tard vous raconterez encore qu'un soir il y a longtemps, vous
avez chopé le blues, man, et qu'il venait de Norvège
Bjorn commence son set devant un public dubitatif : le disque
est sorti la semaine dernière en France, peu ont eu
le temps de s'approprier l'univers particulier de ce bluesman
au physique marquant, montagne parmis les rocs, tatoué
et musclé à l'ancienne, gravure vivante d'un
autre âge. (Anecdote amusante , jusqu'il y a peu à
Rennes on trouvait le disque
rayon hip hop, un vendeur
paresseux n'ayant que le courage de regarder la pochette s'est
rangé à l'évidence manifeste que ce garçon
sweet shearté et barraqué comme un footballeur
américain ne pouvait trouver ses racines que dans un
beat résolument box.)
Mais revenons à notre public dubitatif, donc. Bjorn
dégage physiquement une force impressionnante et on
l'imagine volontiers bourru. Mais avec Berge, foin d'évidence,
tant ce qu'il donne sur scène est éloigné
de ce qu'il dégage au premier abord. Il torture sa
guitare avec une aisance déconcertante, lui arrachant
des trémolos inédits, maniant les 6 cordes fastoche,
même pas mal, avec une rapidité et une justesse
proprement hallucinante. Très vite notre dubitatif
public s'échauffe, les yeux s'ouvrent grand, ce grand
type a beau être tout seul, il occupe tout l'espace,
il occupe toute la salle, et bientôt il occupe en entier
tous ses spectateurs . Sa sincérité et sa chaleur,
le plaisir évident qu'il prend à raconter ses
histoires enjôlent tout le monde et très vite
conquièrent définitivement les curs et
les oreilles. Une histoire simple d'un gars simple qui joue
comme si sa vie était derrière lui, balançant
ses remords, ses regrets, ses peines mais aussi ses amours,
ses joies, ses instants de bonheur. Nous, du bonheur, on en
a pris pour un paquet de temps. A côté de moi
dans la foule un monsieur d'un certain âge râle
: " putain, qu'est ce qu'il est bon ce mec
"
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